Investir le surplus de votre société ou acheter de l'assurance vie ?

Pour le surplus dont vous n'aurez pas besoin de votre vivant, une police permanente détenue par la société laisse généralement plus à votre famille qu'un portefeuille imposable. Pour l'argent dont vous ou l'entreprise aurez besoin dans les 10 à 15 prochaines années, les placements restent le bon outil. La plupart des propriétaires gagnent à combiner les deux, dans des proportions qu'une comparaison écrite permet de fixer.

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Ce qui joue en faveur de l'assurance

Aucun impôt annuel sur la croissance. Dans un portefeuille détenu par la société, le revenu de placement est imposé à environ 50 % au Québec, l'année où il est gagné. La croissance dans une police d'assurance vie exonérée n'est pas imposée pendant qu'elle s'accumule.

Aucun effet sur la déduction pour petite entreprise. Au-delà de 50 000 $ de revenu passif par année, le plafond des affaires de la société diminue, et il disparaît à 150 000 $. La croissance d'une police exonérée ne compte pas dans ce calcul, alors l'entreprise garde son taux réduit.

Une sortie libre d'impôt au décès. La prestation de décès, moins le coût de base rajusté de la police, s'ajoute au compte de dividendes en capital et peut être versée à vos héritiers sans impôt. Un portefeuille, lui, subit l'impôt de la société puis l'impôt personnel sur les dividendes pour sortir.

Ce qui joue en faveur des placements

L'accès à l'argent. Un portefeuille se vend en quelques jours. Dans une police, la valeur de rachat peut être inférieure aux dépôts pendant les premières années, et y accéder a un coût.

La souplesse. On peut réduire, arrêter ou réorienter des placements à tout moment. Une police se conçoit pour durer des décennies, et les dépôts prévus doivent être tenables.

L'assurabilité. L'assurance exige une tarification médicale. Une condition de santé peut augmenter le coût, limiter la couverture ou mener à un refus.

Un objectif de votre vivant. Si l'argent doit financer votre retraite, un achat d'entreprise ou une expansion dans moins de 10 à 15 ans, les placements conviennent mieux.

À quoi cela ressemble à 1 M$, 5 M$ et 10 M$

Un propriétaire québécois de 47 ans, homme, non-fumeur, verse le même montant dans la société chaque année pendant 10 ans, puis arrête. D'un côté, un portefeuille qui rapporte 6 % par année dans la société. De l'autre, une police d'assurance vie entière avec participation détenue par la société, payable sur 10 ans. Le tableau montre ce qui revient à la famille après impôt, l'assurance d'abord, le portefeuille ensuite.

Total déposé57 ans, fin des dépôts72 ans85 ans
1 M$ (100 000 $ par année)1,78 M$ contre 0,78 M$3,58 M$ contre 1,77 M$6,32 M$ contre 3,42 M$
5 M$ (500 000 $ par année)8,94 M$ contre 3,90 M$17,92 M$ contre 8,84 M$31,67 M$ contre 17,08 M$
10 M$ (1 M$ par année)17,89 M$ contre 7,79 M$35,83 M$ contre 17,67 M$63,33 M$ contre 34,16 M$

Les résultats suivent le montant : 20 M$ donnent le double des chiffres à 10 M$. Pour égaler la police à 85 ans, le portefeuille devrait rapporter 6,7 % par année s'il était entièrement en gains en capital reportés, 7,9 % en gains réalisés, 10,0 % en dividendes ou 12,3 % en intérêts, chaque année pendant 38 ans. Le rendement après impôt de la police jusqu'à cet âge est de 5,62 %.

Les chiffres ne tiennent pas compte de la déduction pour petite entreprise. À 1 M$, le revenu passif du portefeuille reste autour de 42 000 $ par année pendant les dépôts et dépasse 50 000 $ plus tard, à mesure qu'il croît. À 5 M$, il dépasse 150 000 $ pendant les années de dépôt, ce qui élimine complètement la déduction pour petite entreprise de la société d'exploitation, jusqu'à environ 71 500 $ d'impôt de plus par année au Québec en 2026. Pour un propriétaire dont l'entreprise utilise la déduction, l'écart réel est plus grand que dans le tableau.

L'argent devient accessible plus tard. Cette conception vise la succession, pas les liquidités des premières années. À 1 M$, après 5 ans, 500 000 $ ont été déposés et la valeur de rachat est d'environ 152 000 $; après 10 ans, 1 M$ a été déposé et la valeur de rachat est d'environ 788 000 $. Elle dépasse les dépôts à la 12e année. L'argent dont vous pourriez avoir besoin plus tôt a sa place dans le portefeuille.

Si l'assureur verse des participations plus faibles. Les participations d'une police avec participation ne sont pas garanties. À 1 M$, si le barème restait 2 points sous celui d'aujourd'hui pendant toute la vie de la police, la famille recevrait environ 2,24 M$ à 72 ans au lieu de 3,58 M$, toujours plus que les 1,77 M$ du portefeuille. Aux âges très avancés, le portrait change : à 97 ans, le portefeuille laisserait plus que la police avec ce barème réduit.

Exemple illustratif seulement, tiré d'illustrations d'assurance vie entière avec participation datées du 25 octobre 2026, au barème de participations actuel de l'assureur, non garanti. Impôt de la société sur le revenu de placement 50 %, impôt de l'actionnaire sur les dividendes 45 %. Le portefeuille rapporte 6 % par année, répartis entre intérêts (30 %), dividendes (20 %), gains en capital réalisés (20 %) et reportés (30 %). Un autre exemple, à 3 M$, se trouve dans cette étude de cas.

Comment décider

Cinq questions tranchent la plupart des cas. De quelle part du surplus aurez-vous besoin de votre vivant ? Sur combien d'années ? Votre santé permet-elle une assurance à un coût raisonnable ? Voulez-vous laisser un montant précis à votre famille ou financer l'impôt au décès ? La société a-t-elle déjà plus de 150 000 $ de revenu passif, auquel cas la déduction pour petite entreprise est déjà perdue ?

La réponse se lit ensuite sur une comparaison écrite de trois options : placements seulement, assurance seulement, et une combinaison. Mêmes dépôts, même horizon, impôts et coûts inclus, valeurs garanties séparées des valeurs projetées. Votre comptable reçoit le même document. C'est la façon de faire décrite dans à quoi vous attendre.

Foire aux questions

L'assurance vie est-elle toujours meilleure qu'un portefeuille dans une société ?

Non. Elle l'emporte surtout sur l'argent destiné à la famille au décès et sur un horizon long. Pour l'argent dont vous aurez besoin dans les 10 à 15 prochaines années, ou si la santé rend l'assurance trop coûteuse, le portefeuille reste préférable.

La croissance d'une police compte-t-elle dans le revenu passif de 50 000 $ ?

Non. La croissance dans une police d'assurance vie exonérée n'est pas un revenu de placement imposable et ne réduit pas la déduction pour petite entreprise.

Puis-je avoir accès à l'argent dans la police de mon vivant ?

Oui, par un rachat partiel, une avance sur police ou un prêt bancaire garanti par la valeur de rachat. Chaque moyen a un coût fiscal ou des intérêts, et dans les premières années la valeur de rachat peut être inférieure aux dépôts.

Quelle part du surplus mettre dans une police ?

Celle dont ni vous ni l'entreprise n'aurez besoin de votre vivant. Le reste demeure en placements, accessibles. Une comparaison écrite des trois options, avec les mêmes dépôts et le même horizon, permet de fixer la proportion avec votre comptable.

Et si l'assureur verse des participations plus faibles que prévu ?

Les participations d'une police avec participation ne sont pas garanties. Dans l'exemple à 1 M$, un barème inférieur de 2 points à celui d'aujourd'hui pendant toute la vie de la police laisse encore plus à la famille que le portefeuille à 72 ans, mais le portefeuille laisserait plus vers 97 ans. Une bonne comparaison montre la police à des barèmes plus faibles autant qu'au barème actuel.

Mon comptable doit-il voir la comparaison ?

Oui. Le compte de dividendes en capital, le coût de base rajusté de la police et le revenu passif touchent la déclaration de la société. Votre comptable devrait revoir les hypothèses avant toute signature.

Prochaines étapes

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Sources canadiennes faisant autorité

Le contenu de cette page reflète, résume ou s'appuie sur les autorités publiques suivantes en matière de réglementation et de fiscalité. Consultez les sources primaires pour les règles définitives.

Anton Ivanov, conseiller en sécurité financière et représentant en fonds mutuels

À propos de l'auteur

Conseiller en sécurité financière · Représentant en épargne collective · Conseiller en assurance et rentes collectives

Conseiller depuis 2004 et indépendant depuis 2008, spécialisé en investissement corporatif et en assurance-vie corporative pour les propriétaires d'entreprise incorporés au Québec et en Ontario. Fonds communs de placement offerts par Valeurs Mobilières WhiteHaven Inc.; assurance par iAssure Inc.

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Divulgation. Je suis conseiller en sécurité financière, représentant en épargne collective et conseiller en assurance et rentes collectives. Je ne suis pas avocat, fiscaliste ou comptable. Je discute de fiscalité uniquement en lien avec des stratégies spécifiques d'assurance, d'investissement et de succession ; je ne fournis pas d'optimisation fiscale générale ni de conseil financier complet. Contenu éducatif uniquement. Les fonds mutuels sont offerts par l'entremise de Valeurs Mobilières WhiteHaven Inc. Les produits d'assurance sont offerts par l'entremise de iAssure Inc. Coordonnez vos décisions avec votre CPA, notaire ou avocat. Voir Avis et Confidentialité.

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  • Les stratégies et les avantages dépendent de vos circonstances spécifiques, de votre province et de la structure de votre entreprise
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