Investissement corporatif vs investissement personnel : La question de la coordination
De nombreux propriétaires d'entreprise incorporés demandent : « Devrais-je investir dans ma corporation ou mes comptes personnels ? »
La réponse est généralement : Les deux, en coordination.
L'investissement corporatif vs l'investissement personnel au Canada n'est pas une décision l'un ou l'autre : il s'agit de comprendre quand investir corporativement vs personnellement, et comment coordonner les deux stratégies pour une efficacité fiscale maximale.
Partie 1 : Comprendre les différences fiscales
Investissement corporatif : Report d'impôt
Lorsque vous investissez par l'intermédiaire de votre corporation :
- Vous payez l'impôt corporatif (~12-26% selon le type de revenu et l'admissibilité à la SBD)
- Au lieu de l'impôt personnel (jusqu'à 53% dans les tranches supérieures)
- Vous gardez 40%+ plus de capital au travail pour vous
- Vous payez l'impôt personnel plus tard, lorsque vous retirez les fonds
L'avantage : Report d'impôt. Vous payez moins d'impôt maintenant, gardez plus de capital investi, et composez les rendements sur une base plus large.
Investissement personnel : Croissance fiscalement avantagée
Lorsque vous investissez personnellement (REER, CELI) :
- REER : Déduction fiscale maintenant, croissance à impôt différé, imposé au retrait
- CELI : Financement après impôt, croissance et retrait libres d'impôt
- REEE : Subventions gouvernementales, croissance à impôt différé, imposé entre les mains de l'enfant
L'avantage : Croissance libre d'impôt ou à impôt différé, mais nécessite des dollars après impôt pour financer.
Partie 2 : La stratégie de coordination
Étape 1 : Maximiser le REER d'abord (Si dans une tranche d'imposition élevée)
Si vous êtes dans une tranche d'imposition personnelle élevée (45%+), les cotisations REER offrent :
- Une déduction fiscale immédiate à votre taux marginal
- Une croissance à impôt différé
- L'impôt au retrait (généralement à un taux inférieur à la retraite)
Exemple : Cotisation REER de 10 000 $ à un taux d'imposition de 50 % = remboursement d'impôt de 5 000 $. Vous avez effectivement investi 10 000 $ pour 5 000 $ de votre poche.
Étape 2 : Maximiser le CELI
Le CELI offre :
- Croissance et retrait libres d'impôt
- Aucun impact sur les prestations gouvernementales (SV, SRG)
- Flexibilité de retirer et de recotiser
Priorité : Après le REER (si dans une tranche élevée), maximisez le CELI avant d'investir corporativement.
Étape 3 : Investir le surplus corporativement
Après avoir maximisé REER/CELI :
- Investissez le surplus de trésorerie corporative
- Bénéficiez du report d'impôt (12-26% d'impôt corporatif vs 53% personnel)
- Gardez le capital au travail pour la croissance à long terme
Partie 3 : Quand investir corporativement vs personnellement
L'investissement corporatif au Canada est particulièrement avantageux lorsque :
- Vous maximisez déjà REER/CELI : Les comptes personnels sont pleins
- Long horizon temporel : Le report corporatif fonctionne mieux sur 10 ans +
- Tranche d'imposition personnelle élevée : L'avantage du report est plus grand
- Surplus de trésorerie corporative : Vous avez un capital excédentaire dans la corporation
- Objectifs de stratégies successorales : Les structures corporatives permettent le transfert de patrimoine multi-générationnel
Partie 4 : Quand l'investissement personnel est plus sensé
Lorsque vous décidez d'investir corporativement vs personnellement, les comptes personnels sont meilleurs lorsque :
- Faible tranche d'imposition personnelle : La déduction REER est moins précieuse
- Court horizon temporel : Vous avez besoin de fonds dans les 5-10 ans
- Prestations gouvernementales : Le CELI n'affecte pas l'admissibilité à la SV/SRG
- Flexibilité nécessaire : Le CELI permet des retraits libres d'impôt
- Subventions REEE : L'appariement gouvernemental rend le REEE précieux pour l'épargne-études
Partie 5 : Les types de revenus comptent davantage dans les comptes corporatifs
Lorsque vous investissez le surplus corporatif au Canada, les types de revenus comptent davantage que dans les comptes personnels. Dans les comptes personnels, vous vous concentrez généralement sur les rendements totaux. Dans les comptes corporatifs, les types de revenus comptent davantage car ils sont imposés différemment :
- Revenu d'intérêts : Imposé à ~50 % (taux supérieur)
- Dividendes canadiens : Imposés à ~38-48 % (selon le type)
- Gains en capital : Imposés à ~25 % (inclusion de 50 %)
- Revenu étranger : Imposé à ~50 %+ (avec crédits pour impôt étranger)
C'est pourquoi les fonds de catégorie d'actions et les structures fiscalement efficaces comptent davantage dans les comptes corporatifs.
Partie 6 : Scénarios courants
Scénario 1 : Professionnel à revenu élevé (Tranche d'imposition de 50 %)
Stratégie :
- Maximiser le REER (31 560 $ en 2025)
- Maximiser le CELI (7 000 $ en 2025)
- Investir le surplus corporativement
Justification : La déduction REER à 50 % est précieuse. Le report corporatif (12-26% d'impôt) bat l'investissement personnel (50% d'impôt) pour les fonds excédentaires.
Scénario 2 : Propriétaire d'entreprise avec revenu variable
Stratégie :
- Maximiser le CELI (flexible, pas d'impôt au retrait)
- REER dans les années à revenu élevé (lorsque la déduction est précieuse)
- Investissement corporatif pour le surplus constant
Justification : La flexibilité du CELI aide avec le revenu variable. Les comptes corporatifs fournissent un report d'impôt stable.
Scénario 3 : Approche de la retraite
Stratégie :
- Maximiser le REER (si espace et tranche élevée)
- Maximiser le CELI
- Considérer les stratégies de dividendes corporatifs pour le revenu de retraite
Justification : Coordonnez les stratégies de retrait. Les comptes corporatifs peuvent financer la retraite par des stratégies de dividendes fiscalement avantageuses.
Partie 7 : Coordination avec d'autres stratégies
Votre allocation corporative vs personnelle interagit avec :
- Grind du SBD : Le revenu passif dans les comptes corporatifs affecte la déduction pour petite entreprise
- Seuil de 50k $ : Gestion des limites de revenu passif
- Fonds de catégorie d'actions : Structures fiscalement efficaces pour portefeuilles corporatifs
- Stratégies successorales : Les structures corporatives permettent le transfert multi-générationnel
Prêt à appliquer cela à votre situation ?
Réviser la structureFoire aux questions
Q1 : Devrais-je prendre un salaire ou des dividendes pour financer mon REER ?
Cela dépend de votre situation, mais généralement :
- Salaire : Crée de l'espace REER, cotisations RPC/RRQ, mais impôt personnel plus élevé
- Dividendes : Impôt personnel plus bas, mais pas d'espace REER, pas de RPC/RRQ
Travaillez avec votre CPA pour modéliser les deux scénarios en fonction de vos besoins de revenu et objectifs de retraite.
Q2 : Puis-je utiliser des fonds corporatifs pour cotiser à mon REER ?
Oui, mais vous devez d'abord vous verser un salaire ou des dividendes (créant un revenu personnel et de l'espace REER), puis cotiser. Vous ne pouvez pas cotiser directement depuis la corporation.
Q3 : Qu'en est-il du REEE pour mes enfants ?
Le REEE devrait généralement être priorisé pour l'épargne-études en raison des subventions gouvernementales (appariement de 20 % jusqu'à 500 $/an par enfant). C'est distinct de la décision corporative vs personnelle pour votre propre retraite.
Q4 : Comment le seuil de 50k $ de revenu passif affecte-t-il cela ?
Si vous approchez du seuil de 50k $ de revenu passif, vous voudrez peut-être :
- Déplacer certains investissements vers des comptes personnels (REER/CELI)
- Utiliser des fonds de catégorie d'actions pour réduire le revenu imposable
- Considérer l'assurance-vie (croissance exonérée d'impôt)
Ressources et lectures recommandées
Articles connexes
- Le « grind » du SBD et votre portefeuille corporatif : Comment le revenu passif affecte les taux d'imposition corporatifs
- Fonds de catégorie d'actions et la magie des petits changements : Investissement corporatif fiscalement avantageux
- La règle de 50k $ : Comment le revenu passif affecte votre déduction pour petite entreprise : Gestion des limites de revenu passif
- Services d'investissement corporatif : Comment nous aidons à optimiser les portefeuilles corporatifs
Ressources externes
- ARC : Plafonds de cotisation REER : Droits de cotisation annuels et limites
- ARC : Droits de cotisation CELI : Limites et règles du CELI
- ARC : Subventions REEE : Information sur la Subvention canadienne pour l'épargne-études
Prochaines étapes
La stratégie optimale est la coordination, pas le cloisonnement. Maximisez d'abord les comptes personnels fiscalement avantageux, puis investissez le surplus corporativement pour un report d'impôt à long terme.
Prêt à coordonner votre stratégie d'investissement ? Réservez une consultation de 15 minutes pour discuter de la façon d'optimiser votre allocation entre les comptes corporatifs et personnels en fonction de votre situation spécifique.
